Ces femmes qui "ne travaillent pas"

Un peu en dehors de Kinshasa se trouve la cité de Masina peuplée de pas moins de 5 millions d’habitants. 
Une cité, grande comme un pays, qui possède le triste record, en RDC, du plus haut taux de natalité chez les mineurs.
Il n’y a qu'une université et peu d’écoles, le nombre d’analphabètes y est particulièrement élevé.

Dans chaque parcelle, au moins une femme élève seule ses enfants. Pour ceux-ci, les pères sont absents, voir inconnus.
Ces femmes vivent du soutien d’un parent ou, pour la plupart, ne « travaillent pas », une façon pudique de parler de prostitution.
Pour pouvoir acheter un morceau de pain, de sucre ou du savon ; « elles ne travaillent pas ». Le « bénéfice » va de 50 cents à 2 dollars!
La contraception est peu ou pas utilisée, c’est un sujet tabou. « Ce n'est pas nous qui décidons » me disent certaines. 
Pour ne rien faciliter, en RDC, les femmes seules ne sont pas reconnues en tant que chefs de familles. Elles
ne reçoivent aucune allocation et ne peuvent pas acheter une maison à leur nom propre.
 
Au milieu de tout ça vit Madame Thérèse LISUMBU, l’aînée de 10 enfants. Orpheline à 16 ans, elle sera prise en charge, avec ses frères et soeurs, par des Pères qui les scolarisent. Elle mesure sa chance et se sent redevable envers la société. 
Après avoir été maire de la commune, elle décide, à 50 ans, d’ouvrir une maison d’hospitalité pour les femmes « égarées » de son quartier (CHEFEC). 
Un lieu d’accueil, d’enseignement à une profession manuelle, où elle apprend également à ces femmes le planning familial et leurs droitsfondamentaux. Thérèse est une bouée de sauvetage pour une poignée de femmes à la dérive.

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